L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du lundi 25 octobre 2010.
Serge Escande, Gilbert Huillet et Jean-Claude Sicre ont scellé une admirable croix occitane (Photos archives, Octobre 2010).
Voilà bientôt dix ans, à la faveur d’une retraite légitimement espérée, Jean-Claude Sicre levait enfin le siège du Pog de Montségur et posait définitivement son tablier dans le vestiaire d’une entreprise basée chez les « Cabos » de Bélesta, en Ariège. Depuis, notre chaudronnier agrémente ses temps libres en sauvant de leur triste destinée, des matériaux hétéroclites, voués au bac à ferraille.
De créations en créations, après avoir enrichi la vieille passerelle jetée sur le Chalabreil d’un chariot tout droit sorti d’un colisée romain (photo ci-dessus), l’artiste qui s’ignorait a fini par révéler au grand jour la force de son imagination, et son habileté à détourner la matière de sa vocation originelle. Cette fois-ci pourtant, Jean-Claude Sicre est resté plutôt classique, mais pour un résultat tout aussi abouti, que chacun peut admirer sur la façade de la Maison Nicolas, sise sur le cours d’Aguesseau.
Après renseignement, cette superbe croix occitane répond à une commande de l’association « Il était une fois Chalabre », co-présidée par Michel Brembilla et Gilbert Huillet. La livraison finale de ce petit bijou accusant 50 kg pour une surface de 2,25 m2, se déroulait tout dernièrement, avec le concours de Serge Escande, Gilbert Huillet et Jean-Claude Sicre. Reste à présent à mettre en place un éclairage approprié, opération qui précèdera l’inauguration programmée avant l’hiver. Une cérémonie que le président Michel Brembilla et son équipe souhaitent rapprocher avec la présentation d’un Tome X en phase d’impression dans les ateliers du Noisetier à Lavelanet.
La dernière oeuvre en date du ferronnier d’art
Elle fait face au cours d’Aguesseau et à la Place François-Mitterrand
Ci-dessous, le chantier de mise en place
Par leur geste, ces derniers auront mis fin à dix années d’existence paisible dans le lit du Chalabreil, pour ce volatile invariablement insensible à la montée des eaux, ou à la prolifération des herbes hautes, et qui jamais n’avait eu l’envie de migrer. Spectateur d’un vaste chantier en septembre 2013, lors du remplacement de la vieille passerelle, il était surtout le gardien de la mémoire de l’ami Jean-Claude, ferronnier d’art disparu en juillet 2011.